Qu’est ce que la posture d’écoute et comment l’utiliser avec les enfants ?

 

Ecouter les sentiments d’autrui n’est pas chose aisée.

 

Ecouter demande de l’attention, de l’empathie, de se centrer sur l’autre et plus sur soi. Que l’on soit professionnel ou parent, comment cela s’applique-t-il dans notre relation aux enfants ? Comment écoutons-nous leurs sentiments et qu’avons-nous à y gagner ? Comment gérons-nous les fameuses crises de colère ou ce que nous qualifions communément de «caprices» parce que nous n’en comprenons pas le sens ? Et au fond qu’est ce qu’une crise de colère si ce n’est précisément l’expression d’une émotion pure ?

 

 

Cette colère qui nous dérange


Bien souvent si il nous est si difficile d’y répondre avec toute notre attention, c’est précisément parce que cette colère (même si elle n’est pas nécessairement dirigée contre nous) nous dérange, nous agresse, nous irrite. A ce moment-là nous basculons nous-mêmes dans un état d’émotion et réagissons en réponse plus ou moins de la même façon. Nous levons la voix, nous nous fâchons fort, menaçons ou réprimandons. Le problème dans ce cas, s’accentue pour finir en conflit ouvert ou en statut quo (positionnement en enfant rebelle ou soumis selon le modèle de l’analyse transactionnelle). Dans les deux cas, l’enfant perçoit qu’il ne sera ni entendu ni compris ce qui amplifiera sa frustration sur le coup d’après.

 

Or où se situait le problème initial ? L’enfant exprimait une émotion très probablement générée par une frustration. En tant qu’adultes, il est important pour nous de prendre conscience que, de notre capacité à gérer notre propre émotion face à l’émotion d’un enfant dépendra le traitement du problème initial.

Si j’apprend à écouter la colère ou la tristesse d’un enfant, si je sais l’accompagner sans le juger, sans le blâmer, sans dédramatiser, sans même le consoler ou le divertir (allons ! ce n’est rien ! ne pleures pas comme cela !) alors je permets à l’enfant de trouver en lui-même ses propres ressources et solutions.

 


Comment écouter ?

 

L’approche Faber Mazlish présentée aux parents et aux professionnels développe sur ce chapitre, différentes habiletés qui permettent de se mettre dans une posture d’écoute. Tout d’abord pour pouvoir écouter il faut le vouloir. Etre authentique dans son écoute est primordiale pour assurer la qualité de l’accompagnement. Cela suppose également que ce soit le bon moment pour vous. Il est préférable de dire à l’enfant : «Je vois que quelque chose de tracasse et j’aimerais t’offrir les meilleures conditions pour t’écouter. Pour l’instant ce n’est pas le bon moment pour moi mais je serais libre dans 30mn. Cela te convient-il ?». Il faut donc pouvoir écouter avec toute son attention mais aussi apprendre à écouter avec silence. Cette habileté incroyablement simple est d’une efficacité redoutable. Accompagner l’enfant en silence, permet à l’enfant de «ventiler». Ventiler est une expression qui nous vient du coaching et qui désigne le moment où la personne «vide son sac». Durant cette phase il est important de ne pas intervenir et de laisser l’enfant parler en encourageant simplement la parole d’un hochement de tête ou de mots tels que «Hum ! Hum!» «Je vois». Une fois la phase «d’évacuation» terminée l’enfant se sent déjà soulagé du poids de l’émotion. Vous pouvez alors mettre en mot ce qui vient d’être exprimé en restant factuel  :

«Je vois que tu n’as pas du tout aimé ce qui s’est passé avec ton ami»

«Cela doit être frustrant»

«Avoir très envie de quelque chose et ne pas l’avoir te met vraiment en colère».

 

Peut venir ensuite le temps de la réflexion. Retenez-vous, si vous êtes tentés, de dire ce que vous pensez, d’apporter une solution immédiate ou de chercher à dédramatiser. Le plus efficace à ce stade est d’ouvrir la porte sur les possibilités :

« Qu’as tu envie de faire avec ton ami maintenant? »

« Comment te sens-tu à présent ? »

« Comment pourrais-tu faire la prochaine fois lorsque tu sens que la frustration monte en toi ? »

 

Un des enseignements de cette approche est de découvrir que l’enfant n’a pas nécessairement besoin de nos conseils sur quoi faire, ni même de réconfort. Il a simplement besoin d’être entendu. Grâce à cela il peut vider ses émotions et repartir vers autre chose. Il balaiera peut-être ensuite rapidement le problème sans donner suite ou bien réfléchira à des stratégies pour le prochain coup. En étant à l’écoute, vous permettez à l’enfant de mettre en lumière ses propres réponses, ce qui constituera un pilier essentiel pour bâtir sa confiance en lui.

 

Un autre enseignement de cette approche est de constater qu’elle s’applique aussi bien dans la relation adulte-enfant que dans le monde des adultes car finalement ne sommes-nous pas nous aussi de grands enfants, qui aspirons au fond de nous, à être entendus ?

Céline Chatti

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